Ils viennent du dedans mais se montrent au dehors, dans le mouvement du corps, l’expression du visage. La parole s’en saisit, la pensée s’en imprègne, le geste les expose. Nous les attribuons à tous ceux qui comme nous partagent la même vie, l’animal et la plante, et laissons de côté, exempt de tout émoi, le règne minéral. Leur présence nous protège de la froideur des pierres et de l’indifférence qui est celle des machines.

Ils sont envahissants, se permettent d’agir sans notre permission et il est dangereux d’être sous leur emprise. Car ils nous feraient faire le meilleur comme le pire s’ils n’étaient tempérés par notre intelligence et sous l’empire des sens nous serions entraînés à toutes sortes d’excès. Même l’Amour est jaloux, nous dit l’artiste peintre, comme quoi le sentiment le plus beau, le plus noble, peut perdre la raison et se laisser corrompe quand il cède aux passions.

On en connaît deux sortes, les bons et les mauvais, mais comment définir parmi les sentiments, lesquels sont condamnables et lesquels sont louables ?

Sous l’emprise des sens
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Les mauvais, on les cache, on en souffre, on en a honte parfois et au fond on se dit qu’il serait préférable de ne pas les connaître car ils nous empoisonnent et font autant de mal à ceux qui les ressentent qu’à ceux qui les reçoivent. Mais les bons sentiments, ceux dont on se prévaut, que ne taisent ils pas ? Car ils se jouent de nous, qu’ils soient bons ou mauvais.

Ils jouent à cache-cache, la joie peut être fausse et masquer la rancœur, l’envie ou le dépit si la décence l’exige mais à ce jeu de dupes, elle deviendrait mauvaise ; ils jouent à pile ou face, il vaut mieux quelquefois intervertir les rôles, taire son mécontentement ou cacher son plaisir, mais ce jeu qui du coup ne doit rien au hasard ne sait plus désigner qui des deux perd ou gagne ; ils jouent à ne faire qu’un et donnent parfois naissance à un enfant mêlé, la culpabilité est fille de la colère qui s’unit à la peur, à ce jeu défendu elle-même ne sait plus de quel côté elle penche.

Même celui qui l’éprouve peut-il être certain de l’authenticité d’un quelconque sentiment ?

Le jeu des sens
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Ressentir et connaître sont deux façons distinctes d’approcher le Réel, deux aspects parmi trois qu’une personnalité peut présenter au monde. Selon que vibre en nous la fibre intellectuelle ou la fibre sensible, le partage est possible ou totalement exclu. Car si un sentiment est pour tous défini, ce que le Soi ressent est étranger à l’Autre. Et si nous remontions à la source du sens, pourrions-nous faire la part du sentiment vécu, du sentiment connu ?

3 contacts directs, immédiats, sans détours, avec nous et les autres ; 3 façons de sentir dont chacune correspond à l’une des 3 formes que prend l’élan vital, qui se démultiplient, s’affinent, se ramifient en mille et un fragments que l’on nomme sentiment. Avant cette multitude, une double affection pour chaque ennéatype, première génération qui déjà se divise en complices ou victimes d’un Soi omnipotent.

La colère nous dit-on, est mauvaise conseillère mais nous lui concédons d’être juste parfois. C’est une manière d’être, un art de n’être pas, qui font des sentiments le bon grain ou l’ivraie.

A la racine du mal
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