Le Soi naît d’une blessure, d’une séparation d’avec cet inconnu, l’Avant d’avant le Soi qui, en amont de tout, se dérobe à la prise, glissant entre les doigts qui veulent le saisir, échappant à l’esprit qui cherche à le comprendre.

Il y a aura dès lors un avant, un après, un ici, un ailleurs, et une différence entre le Soi et l’Autre. Reste la certitude d’une blessure non guérie qui persiste et fait mal. Chacun à leur façon, les 9 ennéatypes sont une plaie ouverte, une souffrance permanente et un besoin de soins. Ces 9 petites blessures, nous les connaissons bien, qui se fondent en une seule pour former la blessure de notre ennéatype.

De l’acte qui le crée, le Soi ne peut connaître que ce qu’il imagine et de la projection de ses propres attentes naît une nostalgie, celle de retrouver ce qui l’a précédé. Son désir de guérir engendre l’illusion qu’il n’est pas impossible de s’approprier ce qui est et sera toujours inaccessible. Toute la vie du Soi est une suite d’efforts pour cesser de souffrir, qui toujours restent vains, une quête incessante de la guérison, qui jamais n’aboutit.

La Blessure initiale
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Elle n’est jamais là où la plupart des gens pensent pouvoir la trouver et vont donc la chercher. Car elle n’est pas enclose dans le cercle du Soi mais un peu décalée, hors de ses habitudes, loin de ses certitudes.

Sa place sur la gauche de chaque ennéatype oblige à faire un pas, un seul pas de côté qui, bien que tout petit, reste très difficile pour celui qui refuse de sortir de lui-même. Dans la suite numérique qui va de 1 à 9, ce pas est un progrès, une étape franchie vers la transformation.

Mais qu’est-ce que guérir ? Peut-on se dire guéri quand la blessure n’est plus qu’un mauvais souvenir et quand nos cicatrices ne nous font plus souffrir ?

C’est en nous acceptant avec notre passé imparfait, douloureux, que nous serons capables de faire le premier pas vers cette guérison que nous souhaitons tant. Si la libération est au bout de la route, il est plus qu'improbable que nous y parvenions. Nous sommes condamnés à cheminer toujours mais sur ce long parcours nous ne sommes pas seuls.

L'improbable Guérison
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A défaut de guérir, on peut se faire soigner, se faire accompagner sur le chemin ardu qui part de la Blessure et mène on ne sait où. Si le point d’arrivée est toujours incertain, un Autre est toujours là, prêt à tendre la main.

Continuer d’avancer en sachant que toujours nous serons dépendants de cette main tendue, c’est aussi accepter la réciprocité de cette relation qui unit l’Un et l’Autre, où le Soi responsable sait que le Soi de l’Autre est un Autre pour l’Autre.

C’est l’ennéatype 9 qui incarne le Soin, rassemble et symbolise les différentes façons d’adoucir la souffrance, que viennent décliner en autant de variantes ses huit autres confrères. Mais l’accompagnement est porté par celui qui sur l’Ennéagramme représente sa blessure, cet ennéatype 2 dont le rôle singulier nous rappelle que remède peut signifier poison, qu’ils peuvent se confondre lorsque le Soi s’obstine et veut garder la main, refusant de laisser à l’Autre que lui-même la place qui lui revient.

Le Soin Essentiel
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